mardi 20 juin 2017

Connaissez-vous Philippe Presti ?



Je vais vous aider : la réponse est non ! Et pourtant, c’est un très grand champion. Mais il est modeste et ne court pas après le buzz médiatique.

Il fut double champion du monde de Finn (dériveur olympique en 1993 et 1996 et vice-champion du monde de Soling (quillard olympique).

En 2003, on le retrouve capitaine et barreur du Class America Le Défi Areva. En 2004, il obtient la médaille de bronze aux championnats du monde de Match Racing.

En 2007, il est tacticien et barreur de Luna Rossa Challenge, finaliste de la Coupe Louis Vuitton.

En 2010, il entraîne la cellule arrière d’Oracle racing USA 2017. Il remporte la 33ème Coupe de l’America.

En 2013, il remporte la 34ème Coupe avec le même bateau (comme entraîneur).

vendredi 16 juin 2017

Affaire Grégory : encore et toujours


Tout le monde a, semble-t-il, eu faux : l'insensée Duras qui voulut tuer, symboliquement certes, la mère de Grégory pour un bon mot, la presse de caniveau qui aurait tant aimé que Christine Villemin fût coupable car rien ne fait plus vendre qu'un infanticide, les gendarmes de la première équipe qui ne concevaient pas d'autre coupable que Bernard Laroche, le père de Grégory qui assassina de manière on ne peut plus préméditée (et annoncée), devant son enfant de quatre ans, un bougre dont le “petit” juge Lambert avait fini par croire qu'il était innocent, et que la gendarmerie locale avait laissé sans protection. Ce n'était tout de même pas parce qu'il était militant CGT que la Justice lui avait réservé un chien de sa chienne...

L'affaire est peut-être en train de rebondir. Si l'assassin appartient à la famille du père de Grégory, comment le secret a-t-il pu être gardé pendant trente-cinq ans ? Comment tant de haine a-t-elle pu servir à ce point d'étouffoir ?

Je propose de nouveau un article publié une première fois en 2007, et une deuxième fois en 2014.


Pourquoi est-on marqué à jamais par un meurtre, par la personnalité d’un assassin ou par celle d’une victime ? Comme pour le reste, parce que ces tragédies surviennent à un moment adéquat de notre existence : nous sommes réceptifs, concernés, en empathie avec les victimes ou avec les inculpés quand nous les croyons innocents. Et puis, tout est construction. On se passionne parce qu’on nous passionne.

jeudi 15 juin 2017

Régis Debray. Civilisation. Comment nous sommes devenus américains



Un livre érudit, avec de délicieuses pointes d’humour, qui poursuit une réflexion de Simone Weill de 1943 selon laquelle une américanisation de l’Europe ferait perdre son passé à l’humanité, et une interrogation de Paul Valéry, de 1939 : « Je me demande si l’Europe ne finira pas par une démence ou un ramollissement ».

On aurait pu attendre des guillemets à « américains » dans le sous-titre car, Debray le sait mieux que personne, les Chiliens ou les Cubains sont aussi des Américains. On se fiche que la partie soit prise pour le tout comme dans Make America great again.

Mais ne boudons pas notre plaisir devant cette brillante démonstration selon laquelle si une « culture construit des lieux », une civilisation « construit des routes » avec un gros bâton (celui de la big stick policy), une flotte, des armées, aujourd’hui des drones.

Depuis qu’il a raflé le Texas, l’empire américain n’a gagné en surface que quelques centaines de milliers de kilomètres carrés. Alaska y compris. Mais les 2 000 implantations militaires sur les cinq continents ne seraient rien sans les 35 000 McDo. Et vice versa.

dimanche 11 juin 2017

Theresa May et l’impôt sur la démence


Le problème avec la maladie d’Alzheimer c’est qu’elle frappe prioritairement les personnes âgées. Et que, quand elles n’ont pas oublié où se trouve le bureau de vote, ces mêmes personnes glissent dans l’urne un bulletin conservateur (il y a 8 millions de retraités outre-Manche qui votent conservateur à 68% chez les plus de 65 ans). Enfin, on a affaire à des personnes retraitées pour qui les pensions françaises, pourtant de plus en plus congrues, représentent malgré tout une forme d’eldorado. Alors quand une responsable politique s’en prend à ces gens particulièrement vulnérables, comme vient de le faire la Première ministre britannique (qui n’est pas, pour l'instant, visée par un impôt sur les poches sous les yeux), il ne faut pas s’étonner qu'elle ait pu subir un revers qui, en fin de compte, n’est pas trop cher payé.

Theresa May s’apprêtait à imposer aux retraités des sacrifices douloureux. Elle avait ainsi décidé de supprimer la garantie d'augmentation des retraites de 2,5% minimum par an mise en place par son gauchiste de prédécesseur David Cameron. Elle avait par ailleurs prévu que les frais pour les retraités nécessitant des soins à domicile tiendraient compte de la valeur de leur résidence. Enfin, l’allocation de 300 livres versée aux retraités pour l’achat de fuel aurait été accordée en fonction de leurs moyens.

vendredi 9 juin 2017

La guerre de Macron contre les fonctionnaires

 Depuis qu’il a démissionné de la Fonction publique, Macron a l’esprit plus libre pour, sans tabou comme disent les libéraux de droite, broyer les fonctionnaires et leur fonction.

Son programme prévoit, dans les cinq ans de son mandat, la suppression de 120 000 postes (à l’occasion du départ en retraite de 500 000 fonctionnaires), le gel du point d’indice pour 2017 et peut-être au-delà, et un point d’indice différent selon que les fonctionnaires appartiendront à la Fonction d’État, à la Fonction hospitalière ou territoriale. Selon la CGT, le fait de scinder la valeur du point d’indice qui sert à calculer la rémunération des fonctionnaires en fonction des versants de la fonction publique font partie des actes qui, s’ils sont posés, constitueront un recul majeur et un point de rupture. L’enjeu pour Macron est de diviser la Fonction publique, pour attaquer les différents secteurs des calendriers différents. Les acquis de la Fonction publique seront cassés en un tournemain.

Á des fins de pure image, Macron a reçu les patrons des confédérations syndicales qui ont accepté ces mondanités qui les ridiculisent. Le patron de la CGT a qualifié de « bonne nouvelle » la modification du calendrier pour l’élaboration du nouveau Code du travail.

mercredi 7 juin 2017

Theresa May mieux que Sarkozy


On se souvient que Sarkozy avait supprimé près de 13 000 postes dans les forces de police et de gendarmerie. Cameron, suivi par Theresa May, ont fait mieux : une suppression de 15% des forces de l’ordre. Le gouvernement a imposé une réduction de budget de 20 % aux forces de police. La police des West Midlands a supprimé 2 764 postes de 2013 à 2015. Dans tout le pays, ce devrait être le cas pour 34 000 postes, au cours du même laps de temps.

Derrière ces chiffres impressionnants, il y a des réalités humaines. Imaginons une telle suppression dans une chaîne de supermarchés, dans les écoles primaires d’un département français, dans une maternité du Morbihan. Comment les personnels susceptibles d’être victimes d’une telle mesure vont-ils vivre cela, vont-ils réagir à une telle menace ? Comment chaque individu ne va pas regarder son voisin du coin de l’œil et le considérer, soit comme un danger personnel, soit comme un parasite à éliminer ?

Par delà les coupes claires, Les conservateurs britanniques ont lancé un vaste programme de privatisation de la police. Cela a débuté en 2013, avec un transfert au secteur privé et à ses actionnaires de près de 4 milliards d’euros. Pour justifier d’une manière libérale ce « faire mieux avec moins », le porte-parole de l’association des chefs de la police du grand Manchester (une ville qui a beaucoup souffert récemment, n’est-ce pas ?) expliquait – ce qui est une vaste blague – qu’il y a deux types de missions policières et que l’une peut être confiée à des entreprises privées : « cette offre permettra de fournir du personnel qui pourra mener des tâches de routine et répétitives à un coût réduit, et fournira l’accès temporaire à du personnel qualifié – comme des équipes d’enquête sur les meurtres. Celles-ci pourront être employées pour des événements qui sont rares, mais pour lesquels toutes les forces doivent garder en permanence un groupe de personnel très coûteux. Il sera alors possible de  dépenser plus pour les services qui requièrent, en raison de leur complexité, de leur impact sur la sécurité publique ou de leur rôle central, d’être menés entièrement par des officiers assermentés ».

mardi 30 mai 2017

Les enfants chlorés du Rhône

J’admire les nageurs de haut niveau : les carrières sont courtes, les rigueurs de l’entraînement sont dures. Á de très rares exceptions près, ils ne gagnent pas un centime et ils entrent dans la vie active, éventuellement comme entraîneurs avec des salaires tournant autour du SMIC, quand ils n’exercent pas de manière bénévole.

Les jeunes de haut niveau sont des gosses formidables : en plus de leur scolarité, ils nagent, dès l’âge de 12 ans, 12 à 20 heures par semaine, sans compter la préparation physique générale (pompes, gainage, assouplissement, course à pied, etc.). Pendant les vacances de Noël ou de Pâques, au lieu, comme leurs camarades de classe, de se reposer à la maison ou chez papi et mamie, ils doublent les entraînements et nagent de 80 à 100 km en deux semaines. Récemment, je visionnais une vidéo avec Christine Caron, qui battit le record du monde du 100 mètres dos en 1964 à l’âge de 16 ans. Son entraîneuse, la légendaire Suzanne Berlioux, y expliquait que, lorsque Christine effectuait un entraînement dur, elle nageait 3 000 mètres. Lorsque nos nageurs de 12-13 ans effectuent en entraînement léger (un décrassage après une compétition), c’est alors qu’ils nagent 3 000 mètres. Ces efforts sont accomplis tandis que, par ailleurs, ils sont en pleine croissance, de sorte que les machines sont à la fois surpuissantes et en même temps fragiles.