samedi 11 novembre 2017

Bernard Cauet




Ces dernières années, il fut, si je puis dire, le correspondant de mon blog en Côte d’Ivoire et dans le Lot-et-Garonne. Il m’envoyait des textes savoureux, à l’écriture élégante et précise, celle des bons instits’ de la IVe République. Je les publiais anonymement car il ne souhaitait pas que son nom apparaisse. Comme celui-là, ocelui-ci. Sans parler de ces deux textes formidables sur le rugby “ profond ”, le premier, et le second.

Nous nous connaissions depuis le milieu des années cinquante. Mes grands-parents avaient acheté la maison de ses parents à Monclar d’Agenais. La famille Cauet avait alors emménagé dans l'appartement de la Poste de Monclar, dont la mère de Bernard était la receveuse. Deux ou trois fois par semaine, Bernard se rendait auprès de mon grand-père, directeur d’école d’application en retraite, pour réviser ses maths. Comme mon aïeul était très bavard, il avait fini par connaître ma famille aussi bien que la sienne ! Bernard fréquenta l’école primaire du village, puis le collège de Villeneuve-sur-Lot.

vendredi 3 novembre 2017

Robert Chaudenson. Hollandexit, mai 2015-mai 2017



Après Putain, trois ans, Robert Chaudenson a réuni la suite de ses articles de blog publiés, entre autres, dans les colonnes de Mediapart. Résultat : on pourra les relire dans dix ans, ils seront toujours aussi nécessaires.

Une petite anecdote personnelle qui intéressera sûrement l’éminent sociolinguiste qu’est l'auteur. Il y a une quinzaine d’années, je me retrouvais pour des raisons familiales dans un chef-lieu de canton du Lot-et-Garonne, une bourgade que je connais depuis 1954 et où la piscine olympique (inaugurée par Christine Caron) dans laquelle je barbotais quand j’étais ado fut incendiée un beau jour d’avril 1999 par des esprits facétieux et désœuvrés après avoir été fermée parce que saccagée par ces mêmes esprits.

Note de lecture (171)

Tournant le dos à ce désastre, des édiles hilares !

Je venais de loin et j’avais un peu d’avance. En ce bel après-midi de mai, je m'installai à la terrasse d’un café pour un citron pressé revigorant. Á deux mètres de moi, trois djeuns d’origine maghrébine, dont deux avaient incontestablement moins de 16 ans et auraient dû être en classe, devisaient tranquillement. Entre autre de football. J’écoutais d’une oreille distraite quand, soudain, je notai ce qu’avait d’incongru leur parler. Ces gosses, nés dans ce canton, comme leurs parents et leurs grands-parents (dans ce département, l’immigration nord-africaine date d’avant la guerre d’Algérie), ces gosses, qui n’avaient jamais été plus loin qu’Agen ou Villeneuve-sur-Lot, parlaient avec l’accent des banlieues, un univers totalement inconnu d’eux. Face à ces ados désintégrés, dont les parents s’exprimaient en français avec l’accent du Lot-et-Garonne, je me dis que nous avions tout raté et que réparer nos erreurs prendrait une, deux, trois générations.

jeudi 2 novembre 2017

Testons notre français avec Met', le magazine de la Métropole de Lyon




« Cent fois, sur le métier etc. ». J’ai déjà relevé à quel point la municipalité de Lyon était inféodée à la langue anglaise, plus exactement au globish, dans sa tête d’aliénée linguistique. Par exemple dans “ Quelle langue parle-t-on à Lyon ? » ou “ Á Lyon comme ailleurs, l’anglais nous enfume ”.


En parcourant Met’ (quel titre de publication nigaud !), Le magazine de la Métropole de Lyon), je me rends compte que le mal s’amplifie et qu’il est aggravé («supplémenté » ?) par une nouvelle peste inventée par des pestes : l’écriture inclusive qui met des points partout et qui forge des désinences féminines absurdes. Heureusement qu’il reste quelques sentinels (sic, ben oui, quoi, les sentinelles sont plutôt des hommes) comme moi pour monter le garde (il n’y a pas de raison !) et relever ces travers. Sans être pour autant une pleureure.


Ce qui me frappe peut-être le plus, c’est le manque de cohérence des inventeur.e.s de ce français abâtardi. On apprend ainsi que Lyon compte 66 2290 « collégiens » (à la trappe les collégiennes !), et qu’ils peuvent se rendre à l’immeuble « Belvy » (ouh, vous les ploucs qui auriez appelé cet immeuble « Belle Vie » !) qui fait partie du programme – je vous le donne en cent – « Ynfluences Square ». Ces collégiens pourront faire du basket à la « Tony Parker Adéquat Academy » (ne cherchez pas à comprendre) pour être en forme et rentrer chez eux à vélo par un tube « dédié » aux cyclistes qui « continue de séduire les Grand-es Lyonnais-es ». Ils pourront trouver un emploi à la Poste, en « open space », où ils pourront s’exprimer non pas en travail partagé mais en « coworking » (« open space » signifie trois choses différentes en anglais : espace protégé, espace libre, espace ouvert », donc c’est vous qui voyez). Le soir, ils rejoindront des appartements proposés en « Kolocsolidaire ».

dimanche 29 octobre 2017

La grande actrice hollywoodienne qui inventa la wifi




Personnellement, je ne serais pas parti huit jours en camping avec elle mais, je le reconnais bien volontiers, Hedy Lamarr fut une personne vraiment hors du commun.


Actrice, productrice de cinéma, c’est peut-être comme inventrice (et non pas “inventeure”, ohé les massacreures de langue française !) qu’elle a droit à la plus belle des postérités.


De son vrai nom, Hedwig Eva Maria Kiesler, née en 1914 à Vienne, était la fille d’un couple juif converti au catholicisme qu’il pratiqua assidument. Elle mourra en Floride en l’an 2000. Son père était directeur de banque, sa mère pianiste classique.


Elle fit une brillante carrière à Hollywood en jouant les premiers rôles pour les plus grands. En 1933, elle épouse Friedrich Mandl, dirigeant d’une entreprise de fabrication d’armes. Rallié au fascisme, ami de Mussolini, il s’était converti au catholicisme pour commercer avec l’armée autrichienne. Lamarr convolera cinq autres fois, avec trois enfants à la clé. On n’évoquera pas ses amants illustres : Kennedy (who else ?), Marlon Brando, Jean-Pierre Aumont, Robert Capa, David Niven, Erich Maria Remarque, Charles Boyer et d’autres.

samedi 28 octobre 2017

Dans la France de Macron, les étudiants peuvent toujours se prostituer …


Le site RichMeetBeautiful (des riches rencontrent des belles personnes) met en contact des jeunes étudiantes (“ sugarbabies ”) et des hommes d'âge mûr et friqués (“ sugardaddies ”). Ça marche aussi dans le sens cougars aisées/étudiants fauchés. Le site a fait un tabac en Belgique où plus de 100 000 personnes se sont déjà inscrites. Aux États-Unis (à qui nous devons tout et où les études coûtent un bras – ou une verge), le site SeekingArrangement (recherche d'un arrangement) compte plusieurs millions d'abonnés depuis 2006.

Ce commerce n'est rien d'autre que de la prostitution mais les Norvégiens de RichMeetBeautiful sont des malins, comme l'explique le sociologue Renaud Maes : « Ils nient qu'il s'agit de prostitution et interdisent par exemple des discussions liées à la tarification sur leur plateforme… Tout en sachant très bien que ces discussions se font hors ligne. Ils ont parfaitement conscience des types de jeunes qu’ils recrutent – à savoir des étudiant(e)s en difficulté financière ou en rupture avec leurs parents – et de l’impact que cela peut avoir. » Ajoutons que la plate-forme est basée à Malte, ce qui peut toujours servir …

jeudi 26 octobre 2017

Sterben für Lidl


Le site Révolution permanente publie un entretien de Flora Carpentier avec le frère de Yannick Sansonetti, suicidé le 29 mai 2015 dans une chambre froide de l’entrepôt LIDL de Rousset dans les Bouches-du-Rhône. Larges extraits.



Au terme d’un combat acharné de sa famille pour faire reconnaître la responsabilité de LIDL, le 1er septembre dernier, l’inspection du travail rendait des conclusions « accablantes pour l’entreprise », dénonçant « des agissements répétés de harcèlement moral à l’encontre de M. Yannick Sansonetti », une « surcharge de travail », des « propos dénigrants » et des « ordres inatteignables ».
                        

Depuis mai 2015, toi et ta famille vous êtes battus pour faire reconnaître la responsabilité de Lidl dans le suicide de ton frère Yannick. Peux-tu nous dire où vous en êtes aujourd’hui ?

Le 1er septembre dernier, l’inspection du travail des Bouches-du-Rhône a déposé ses conclusions. Elles sont très difficiles pour nous à entendre et à accepter. Selon l’enquête menée par la DIRECCTE 13, mon frère a subi depuis l’arrivée d’une nouvelle direction sur ce site, un harcèlement moral sans précédent.

Notre but depuis le décès de Yannick, n’est pas d’obtenir à n’importe quel prix une condamnation, mais de connaître la vérité, d’avoir accès à toutes les pièces du dossier et de rendre à mon frère son honneur qu’il semblait avoir perdu.

mardi 24 octobre 2017

Une anecdote concernant Pierre Joxe




Cette anecdote n’a rien à voir avec un dérapage sexuel.

Nous sommes en 1981, quelques mois après l’élection de François Mitterrand dont Joxe a été l’un des fidèles soutiens. Notre homme préside le groupe socialiste à l’Assemblée nationale, un  poste, une fonction éminentes et stratégiques.

Même si vous êtes fatigué par ma théorie selon laquelle on vient toujours de quelque part, Pierre Joxe, ce n’est pas rien. Il est le fils de Louis Joxe, ministre de De Gaulle, ancien résistant, négociateur pour la France des accords d’Évian qui scelleront l’indépendance de l’Algérie. La mère de Joxe appartient à l’illustre famille des Halévy, proche, entre autre, de Marcel Proust. Cette famille cousine avec le constructeur d’avions Bréguet … donc avec Clémentine Célarié.

L’Assemblée Nationale pullule de députés socialistes, pour beaucoup enseignants de gauche, barbus. Avec de vraies barbes, pas les trois millimètres d’aujourd’hui. Ils disposent d’attachés parlementaires. L’un d’entre eux, affilié à la CGT (comme Joxe) est de mes amis. Il se dit que c’est le moment où jamais de mener une lutte collective pour la reconnaissance d’un vrai statut, l’acceptation d’une convention collective.

Après avoir sonné pendant plusieurs semaines à la porte du bureau de Joxe, ils sont enfin reçus. Et c’est là qu’on verse, non pas dans le sexuel, mais dans l’éclaboussure du pouvoir. Ils sont trois. Joxe fait asseoir ses “ camarades ” (ils sont membres du PS) sur un canapé d’un mètre vingt. Heureusement, ils ont des fessiers étroits. Mais le problème est que ce canapé est situé à 30 centimètres du sol. Vous imaginez ces trois lascars, tous trois de bonne taille (mon ami mesure 1m 85), se contorsionnant, ne sachant pas où mettre leurs jambes, dominés par un Joxe qui, lui, est resté debout en les toisant en les regardant avec des yeux, me rapporta mon ami, d’un acier comme il n’en avait jamais vu.

On l’imagine, cette réunion ne déboucha sur quasiment rien.
Une anecdote concernant Pierre Joxe